MON PARCOURS

L’album Nevermind de Nirvana vient de sortir quand je quitte la fac de Nanterre avec un DEUG de sociologie en poche. À l’époque, impossible d’y échapper : il faut passer par le service militaire obligatoire. Pour moi, ce sera deux ans de service « civil », mais il ne commence que dans plusieurs mois…

En attendant, je fais tous les boulots possibles et imaginables que Manpower peut proposer à l’époque : nettoyeur de toits et de chantiers, vérificateur de ciment, terrassier, déménageur, ouvrier ferroviaire… et même représentant en nappes dans des supermarchés. J’ai 23 ans et je n’ai toujours pas touché un appareil photo, même si mon père était photographe d’entreprise dans les années 70…

C’est finalement au Centre des Arts du Livre et de l’Estampe (ex : MAD), où j’effectue mon service civil, que tout commence. Je réalise mes premières photos et mes premiers graphismes pour les besoins de l’école. Les tout premiers appareils photo numériques viennent d’apparaître, je découvre Photoshop 6.0 et Internet tourne encore en 56K… J’y travaillerai plusieurs années.

Vers 2004, le MAD ferme ses portes. Jean-Marie Lemesle, fondateur et directeur de l’École Bleue, me propose alors de rejoindre son équipe. J’ai 33 ans, et c’est le début d’une période qui va s’étendre sur vingt ans.

Des dizaines de milliers de photos plus tard, j’ai réalisé les portraits de plus de 1 000 personnes. J’ai photographié le quotidien des classes, les grands et les petits événements qui rythment la vie d’une école de design et d’architecture intérieure. En parallèle, j’ai mes premiers clients (Maitre & Lemesle, Design By O, Marianne International, Belambra…). Et grâce à Marc Teixeira — mon éternel collègue —, je replonge aussi comme photographe et graphiste dans la scène Metal et Punk/Hardcore parisienne autour de 2010.

Avec le temps, et grâce à la gentillesse d’amies et de camarades qui acceptent de me « prêter » leur image, la photographie de portrait devient une véritable passion. Elle vient compléter l’autre versant de mon univers : la photo de concerts… plutôt remuants.

En juin 2024, je quitte l’École Bleue. Nous sommes maintenant en mai 2025. Cette fois, je me lance pour de bon comme photographe indépendant — et j’espère que, grâce à vous, l’aventure va durer longtemps